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The Musettes - Découvrir l'art de la fugue à l'italienne

Découvrir l’art de la fugue italienne

L’art de la fugue à l’italienne : un temps de décompression, associant créativité, bien être et découverte de l’Italie. 

Quand on tombe amoureuse de l’Italie ! C’est exactement ce qui s’est passé pour notre invitée, Alice Cheron aka Alidifirenze. Il lui a fallu très peu de temps pour aimer le pays qui allait l’accueillir. 

Buongiorno Alice !  

Buongiorno de Florence en Toscane, où je vis depuis 10 ans. J’habite le quartier de Pian dei Giullari sur les premières collines au sud de Florence. Je suis en pleine campagne MAIS à 10 minutes en voiture du Ponte Vecchio !

Qu’est- ce qui t’as amené au pays des arts ?

J’ai suivi quelqu’un qui finissait ses études à Florence. J’ai totalement accroché aux italiens, à leurs qualités comme à leurs défauts. Je suis restée.

Avais-tu déjà vécu à l’étranger  auparavant ? 

J’ai passé une année de folie à 20 ans en Erasmus à Madrid. Je suis dingue de cette ville mais je ne sais plus parler un mot d’espagnol, l’italien a pris le dessus !

Pourquoi l’entrepreneuriat ?

J’ai toujours eu l’envie de mettre mon énergie débordante au service de mon propre projet, j’ai patiemment attendu qu’il arrive dans ma vie. J’ai commencé par un blog sur Florence pour une cible chic et curieuse puis petit à petit tout cela s’est professionnalisé et j’ai démissionné de mon travail pour m’y mettre à temps plein.

Quels sont les principes qui ont guidé ta démarche d’expatpreneuse ? et pourquoi ce nom Alidifirenze ? 

Tous les italiens avec qui j’ai travaillé m’ont toujours appelé « Ali » et non pas Alice. Du coup Alice de Florence est devenu Ali di Firenze. Et puis Ali, ce sont aussi les ailes, comme celles que les femmes en fugue déploient avec moi .

J’ai démarré mon site pour meubler les longues soirées d’hiver durant une situation personnelle compliquée. Au début c’était un pur hobbie, même si je me levais déjà à 6h pour aller filmer un maestro glacier en pleine action ! Je me suis vite prise au jeu car j’adorais écrire, rencontrer des gens, m’évader et apprendre tellement de nouvelles choses sur l’artisanat et l’Italie …. et le faire découvrir aux autres.

Mon envie de produire de la valeur pour les autres, d’être utile particulièrement aux femmes de ma communauté est arrivé plus tard, et cela coïncide avec la naissance de ma fille en 2017.

Alice propose un temps de décompression, associant créativité, bien être et découverte de l’Italie, pays de la joie de vivre !

Justement, peux-tu nous en dire plus sur cet art de la fugue à l’italienne ? 

C’est une bulle de décompression magnifique et créative afin de retrouver le fil de soi. L’envie de partir seule, d’avoir du temps pour réfléchir, réactiver son corps et redevenir maitre de soi pendant un week-end de 3 jours en Italie , ponctuée de visites extraordinaires et d’ateliers créés spécifiquement pour le projet (photographe, calligraphe, auteur, professeur de Yoga…). L’objectif de la fugue ? Faire du bien aux femmes en célébrant la singularité de chacune, créer des situations qui permettent un véritable lâcher-prise.

Quelles ont été les étapes du développement de ton entreprise?

Ça a été assez long, surtout la phase critique pour avoir le courage de vraiment y bosser à plein temps. J’ai lancé le site en 2013, j’ai commencé à avoir des petits revenus en 2015, c’est aussi l’année où j’ai démissionné de mon CDI. Mais je faisais pas mal de free-lance pour conserver un minimum d’indépendance financière, je n’étais donc pas à fond sur le développement de mes projets. Tout s’est accéléré en 2018 quand un collaborateur m’est tombé du ciel et que j’ai eu l’idée des Fugues Italiennes. À partir de l’hiver 2018, j’ai passé la cinquième pour concrétiser ma mission de « L’Italian Joie de Vivre ! » via un magazine en ligne, un e-shop et une conciergerie d’événements virtuels et physiques.

Comment se sont passées les démarches et que retiendrais-tu de la mentalité entrepreneuriale en Italie ?

Lancer un projet en Italie c’est extrêmement compliqué car le système administratif est un enfer à ne pas sous-estimer. J’ai la chance d’avoir un mari italien ET entrepreneur, donc qui est capable de répondre à beaucoup de mes interrogations. Je ne sais pas si j’aurais été capable de passer certains caps sans lui !

Pendant 4 ans, le coût principal de ma société c’était mon temps personnel. J’ai toujours travaillé de la maison, c’était plus pratique car j’ai fait mes 2 enfants en même temps que la création de mon projet. J’avais un commercialista (figure italienne entre le conseiller et le comptable) et une forme légale de société assez basique. Maintenant tout est plus complexe et passionnant car nous sommes 3 en fixe + des freelances sur des projets ad hocs. Nous avons investi physiquement la petite dépendance qui est collée à ma maison, mais nous allons bientôt déménager hors de chez moi dans un vrai bureau, une grande première ! Je suis toujours suivie par le même commercialista, avec qui nous discutons Business Plan, système de taxes, etc. Mon mari me file un vrai coup de main sur la partie financière mais je dois dire que je me prends de plus en plus au jeu des BP, projections, chiffre d’affaire … C’est indispensable pour savoir quand et combien investir pour grandir et bien se structurer.

Qu’as-tu appris grâce à cette expérience en tant qu’expatpreneuse ?

J’ai appris beaucoup sur la culture italienne via mon activité pro. Que ce soit en entreprise (j’ai travaillé pour 2 gros groupes web italiens) ou à mon compte. Cette dernière expérience me donne vraiment des inputs « à chaud », sur le terrain, pour comprendre la mentalité, toujours (TOUJOURS !) négocier, etc.

Quelle part prennent les réseaux sociaux dans ton activité ?

Il sont indispensables ! J’ai d’abord construit une communauté fidèle et qualifiée, puis j’ai proposé des projets vraiment adressés à cette communauté (les fugues, l’eshop, les events digitaux). Je crois aussi que les réseaux sociaux ont créé un fort climat de confiance, les personnes qui me suivent depuis longtemps, me connaissent et continuent à voir l’aventure évoluer. Je leur suis très très redevable.

Comment as-tu fait pour te construire un nouveau réseau ?

Il faut des années pour construire un réseau et une réputation. J’ai fait beaucoup de rendez-vous, beaucoup de collaborations non rémunérées pour montrer ce que je savais faire. Je me suis pris beaucoup de portes aussi ! Mais comme pour tout, c’est le travail et la régularité qui paient.

Lancer son entreprise en étant à l’étranger, un défi compliqué ?

Je crois que c’est une très bonne idée de développer un projet perso quand on arrive à l’étranger, qu’il est difficile de trouver du boulot ou bien que l’on a suivi quelqu’un. Cela permet de se créer une bulle personnelle.

Je ne crois pas par contre que l’on doive se mettre une pression supplémentaire de devoir créer absolument une boîte. Ce n’est pas pour tout le monde et ce n’est pas une fin en soi. J’aime l’idée de penser d’abord à une sorte de récréation créative avant – peut-être ! – d’en faire quelque chose de plus concret.

Ta citation préférée?

J’ai lu cette citation hier « À chaque fois que tu tombes, profites en pour ramasser quelque chose ». J’aime bien cette idée que toute expérience est bonne à prendre et qu’il faut construire en utilisant nos échecs. Sinon mon moto c’est vraiment Never Explain, never complain, ne pas se justifier, ne pas se plaindre !

Le témoignage d’Alice vous a inspiré ? Retrouvez le podcast que nous avons réalisé avec elle. Découvrez aussi d’autres témoignages inspirants d’expatriées qui se lancent dans l’enteprenariat dans le monde entier.