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Une expatriée Allemande entreprend à Paris pendant le confinement

Bonjour Carola, peux-tu nous présenter le quartier où tu vis ?
J’habite à Neuilly-sur-Seine. Neuilly, c’ est formidable lorsqu’on a des enfants, pour le Bois
de Boulogne en premier lieu. Et on reste toutefois à quelques stations de métro du Paris que
j’aime, notamment le Marais ou encore Saint Germain des Prés.

Pourquoi la France ?
Mon mari est français et nous avons vécu pendant 12 ans à Berlin. Le jour où il a souhaité
rentrer vivre à Paris, j’ai pensé qu’il était juste, puisqu’il l’avait fait pour moi, de le suivre en
France. 
Avais-tu vécu à l’étranger auparavant ?
Oui, j’ai souvent déménagé lorsque j’étais petite à cause du métier de mon beau-père. J’ai
vécu à Zurich en Suisse, et aussi à Londres lorsque j’étais étudiante. 


Qu’est-ce qui t’a conduit à créer ta société en étant expatriée ?
A l’origine, je suis journaliste mais je ne parlais pas couramment français en arrivant à Paris.
Difficile donc d’exercer un métier basé si fortement sur le langage. J’ai d’abord rejoint Meetic
où j’ai été directrice marketing pour l’Allemagne. C’est pendant le premier confinement que
j’ai eu l’envie de mettre à profit l’expérience acquise ses dernières années au service de mon
propre projet. C’est en combinant éditorial, marketing, digital, mes connaissances du marché
allemand et ma passion pour les nouvelles marques françaises que « Panamour Paris » est
né. Un nouveau concept store pour le marché allemand.


Pourquoi ce nom ?
Panamour est le mélange des mots amour et Paname, est un petit nom donné en argot à
Paris. C’est donc une déclaration d’amour à la création made in Paris en quelque sorte. 
Les Allemands adorent la France et Paris, comme beaucoup évidemment. Ils étaient plus de
12 millions à avoir visité l’hexagone en 2019. Le style parisien, le goût, l’élégance et le sens
du détail sont connus dans le monde entier. A chaque fois que j’allais en Allemagne avant la
pandémie, mes amies me demandaient si je pouvais leur apporter quelque chose et où
j’avais acheté ce que je portais. C’est ainsi que j’ai souhaité donner l’accès à toutes au
lifestyle français tous les jours en créant un concept store.
Quels sont les principes qui ont guidé ta démarche d’expat-preneuse ?
Notre objectif est de rapprocher les consommateurs hors de France et les nouvelles
marques émergentes. Nous voulons soutenir les jeunes designers et nous appuyons sur des
talents locaux, des produits issus du commerce équitable. Nous nous engageons à soutenir
le slow fashion, les matériaux recyclés et des produits faits à la main. Ces produits nous
touchent et nous souhaitons les proposer avec beaucoup de transparence.

 

Quelles ont été les étapes du développement de ton entreprise ? Combien de temps pour se
lancer ?
J’avais le projet en tête mais sa réalisation et sa mise en place ont nécessité beaucoup de
discussions et de questionnements. Nous avons essayé beaucoup de pistes différentes,
testées auprès d’un panel de consommatrices allemandes et corrigées en conséquence.
Quoiqu’il en soit, le principal pour nous était d’injecter de la vie de notre projet. Et pour ceci,

nous essayons de mettre le plus de nos propres personnalités dans « Panamour ». C’est un
projet qui nous ressemble et qui est, je l’espère, authentique et unique.
Tout s’est passé assez vite. La simple idée est devenue réalité lorsque mon associée a
accepté de rejoindre le projet. Elle a emmené la consultante Catherine Jolivet-Buffet qui
nous a accompagnés pendant toute la mise en place des 5 derniers mois. Pour le reste,
nous avons tout développé nous-mêmes : l’identité visuelle, CRM, social media, la création
du site, le packaging etc…

Quelles ont été les démarches ?
Pour l’instant, la majorité de Panamour Paris se passe dans nos têtes et dans nos
ordinateurs. Le reste du temps est consacré à convaincre les créateurs de rejoindre
l’aventure. Nous habitons toutes les deux à Paris et passons beaucoup de temps à identifier
les marques émergentes qui nous enthousiasment dans le prêt à porter, les bijoux,
accessoires et la décoration. Nous sommes très heureuses que Elise Chalmin, Rive Droite,
Perrine Taverniti, CSAO et Maison Roussot aient accepté de nous suivre dès le début.

Quelles leçons tires-tu de cette expérience d’expat-preneuse ?
Tout est possible. Il faut de la conviction et de l’énergie. Ne serait-ce que pour affronter les
complexités du système administratif français. Heureusement, mon associée est française.
Je crois que c’est une des clés pour mener ce projet à bien. J’ai aussi beaucoup de soutien
de mes amis allemands comme Stefan Holwe, le fondateur de Horizn Studios. Il a une
expérience infiniment précieuse qui m’aide à avancer.
Quelle est la part des réseaux sociaux dans ton projet ?
C’est essentiel pour faire savoir qu’on existe. C’est un média à part entière. Pour une start-up
comme nous, c’est le meilleur moyen de se faire repérer et de se développer. C’est aussi le
moyen pour nous de suivre les tendances, découvrir de nouveaux créateurs ou encore
rencontrer de nouveaux partenaires.
Ta citation préférée ? 
Carl Gustav Jung : « Vous êtes ce que vous faites, pas ce que vous dites que vous allez faire »

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